Maternité St Louis, des mains bénies

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La maman avec sa fille à la maternité St Louis

Marie et sa fille

Marie Jacqueline faisait tout comme il le fallait. Cette femme de 35 ans, enceinte de son deuxième enfant, menait tranquillement sa grossesse dans un petit centre médical dans la banlieue de Port-au-Prince. Elle se présentait à l’heure pour chaque rendez-vous dans le centre poussiéreux de Croix-de-Bouquets et suivait les recommandations que lui donnait son docteur. Et puis c’est arrivé.

« Je ne comprenais pas vraiment au début », dit Marie. Vêtue d’une robe rose flottante et les cheveux tressés serrés, ses yeux s’élargissent de manière significative alors qu’elle raconte les événements passés. « Le docteur et l’infirmière du centre médical disaient tous ces mots que je ne connaissais pas, et je ne comprenais pas ce qui se passait. Je n’avais de cesse de regarder mon mari, mais il ne comprenait pas non plus. Puis ils nous ont regardé tous les deux, et nous ont dit que ma santé et la santé du bébé étaient… » Sa voix s’estompe. « Ils m’ont dit que c’était extrêmement dangereux – ils m’ont dit que le bébé et moi-même étions en danger. »

Elle fait une pause, rassemblant les détails. « On m’a dit que j’avais besoin d’une opération chirurgicale – ils m’ont dit qu’ils devraient m’inciser. Ils m’ont dit combien je devrais payer, et je me souviens que mon mari et moi nous sommes regardés et que nous avions très peur. Nous savions que nous n’avions pas l’argent. J’ai imploré mon docteur de me transférer vers un autre hôpital, là où ils pourraient effectuer la chirurgie gratuitement. Ils m’ont finalement envoyé ici. »

Marie est arrivée à Saint Damien toute seule – son mari n’étant pas en mesure de quitter son travail par peur de perdre son emploi et les maigres revenus pour soutenir sa famille. « J’avais si peur ! » dit Marie en riant. « Mais toutes ces infirmières et ces docteurs sont venus me voir, et je le jure devant Dieu, c’était fantastique. Je n’arrêtais pas de me demander si je ne rêvais pas – tout le monde était d’un si grand secours, me demandant comment je me sentais, si j’étais confortable. J’ai tout de suite su que j’étais entre de bonnes mains – des mains bénies, si vous me permettez de les appeler ainsi. »

Le bébé dans les bras de sa mamn

La petite fille de Marie

L’équipe de la maternité a organisé sa césarienne sur le champ. Transportée sur son brancard vers la salle de chirurgie, Marie se souvient des murs blancs éclatants, des couleurs délavées du monument au mort dédié au tremblement de terre, devant lequel passent toutes les mamans en allant à la maternité. « Ils m’ont dit que c’était les noms de ceux qui avaient péri dans le tremblement de terre. Et moi, j’allais donner la vie. »

Une fois dans la salle d’opération, la naissance s’est déroulée sans complication. Aujourd’hui, Marie est assise dans la salle de réveil, sa toute petite fille lovée dans ses bras. « Je retourne à la maison aujourd’hui », dit-elle en souriant. « Mon mari a besoin de voir notre fille et nous devons lui donner un nom. Je suis tellement, tellement, infiniment reconnaissante. Je vous aime tous, et souhaite à tous ceux qui sont passés par ici beaucoup de bienfaits. »

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