L’« hortaliza » apprend à nos enfants l’importance et les bienfaits du dur labeur, tout en leur offrant une expérience de la vraie vie.
9 février 2010 – Honduras
Il n’est pas rare de voir des « pequeños » (les jeunes qui vivent ici au Ranch) marcher autour de légumes (des carottes par exemple), un sourire entre deux bouchées, les yeux pétillants de satisfaction. Une carotte peut certes avoir du goût, mais est-ce que ce sourire représente uniquement un signe de papilles gustatives réjouies ? De même, une carotte se mange bien sûr, mais la satisfaction visible dans ces yeux peut-elle être attribuée seulement à un estomac contenté ? Ou pourrait-ce être le sentiment de fierté et de contentement en goûtant le fruit de son travail, un travail d’équipe, après avoir sué pendant ces journées passées dans la poussière sous le soleil ?
Ici à Rancho Santa Fe, l’« hortaliza » (ferme de légumes) joue un rôle capital dans la fourniture des produits frais pour notre cuisine. En janvier seulement, l’« hortaliza »a produit pour le ranch 248 kg de carottes, 49 kg d’oignons, 148 bouquets de coriandre, 60 kg de tomates, et 106 kg de poivrons, sans compter les laitues, le maïs, les choux, et les plantains. La liste continue. Le véritable impact de l’« hortaliza », cependant, va beaucoup plus loin que de fournir de la nourriture pour plus de 400 enfants vivant ici au Ranch. Pour ceux qui participent, l’« hortaliza » propose encore une autre façon d’enseigner aux « pequeños » la responsabilité, le respect, et le dur labeur dont ils auront besoin dans le ‘monde réel’ en dehors de Nos Petits Frères et Sœurs (NPFS).
Il y a quatre ans, nous avons initié un projet avec l’intention d’incorporer nos enfants et de leur apprendre le travail qui se fait dans l’« hortaliza », à travers une interaction sensorielle totale. Maintenant, il est très courant de voir des files de « pequeñas » à queues-de-cheval marchant vers les champs pour désherber leur précieuse parcelle de terre, ou de voir un jeune homme reprendre son souffle à l’ombre d’un arbre esseulé, l’un des quelques arbres éparpillés le long des rangées de cultures. Il y a aussi le terrain de football tout simple pour quand il y a du temps libre ou quand Oscra Cruz, le responsable de l’« hortaliza », très aimable et aux yeux souriants, décide que le travail est terminé.
« Les enfants apprécient vraiment beaucoup ». Melba Zambrano, une « Tía » (ou nounou) de la maison des filles, Hermanas de Jesus (Sœurs de Jésus), parlait lentement, attablée à une table en bois (quasi certainement fabriquée par un « pequeño » ), et regardait le jardin à travers la fenêtre en observant ses filles balayer la cour. « Ils arrivent, pleins de vivacité et de motivation. » Elle continua à décrire leur travail dans l’« hortaliza » : Chaque fille a sa propre parcelle de terre dont elle est responsable. Elle décide quoi planter, en fonction de la disponibilité, de la saison, et des besoins. Pendant la phase initiale, les filles travaillent chaque jour, débroussaillant et préparant la terre. Elles commencent avec des machettes, coupant les broussailles, puis ratissant les débris, et remuant la terre, et la fertilisant. Puis vient la mise en place du système d’irrigation, et après avoir couvert de plastique chaque lit de terre surélevé afin d’éviter les mauvaises herbes, les graines sont plantées dans des perforations bien mesurées. Quand les plantes se développent, les filles viennent environ deux fois par semaine pour entretenir leur parcelle.
De plus, chaque année amène un nouveau groupe d’ « Año Familiar » (jeunes qui travaillent pour leur année de service). Appuyé sur un outil de jardinage, plissant les yeux en regardant le soleil, Luis dit que le travail est « tranquilo » (tranquille) et agréable, et qu’il est reconnaissant de travailler dehors. « On en apprend beaucoup sur les plantes, et l’on observe le cycle entier, de la graine au produit. »
L’objectif du programme éducatif de l’« hortaliza » est de responsabiliser ceux qui sont impliqués, de montrer aux enfants ce que l’on peut récolter en travaillant dur. Montrant l’exemple, Oscar dégage une attitude de respect et de gratitude. Il a parlé du travail des enfants dans l’« hortaliza », disant « Es aún otra manera de formarles » (C’est encore une autre manière de les former). À NPFS Honduras, les enfants apprennent à travailler les uns avec les autres, et à travailler respectueusement sous surveillance. Leur travail dans l’« hortaliza » est une autre façon pour nous de continuer à aider nos enfants à devenir des membres de la société non seulement fonctionnels mais également exceptionnels.
Teri Lyshorn
Correspondant Local
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