Timo – histoire d’un parrainage

Timo rencontre ses parrains Mary et Dwayne
19 novembre 2009 – Haiti

Timo a huit ans. Il est arrivé à Ste. Hélène (Kenscoff) il y a cinq ans, lorsque sa mère est décédée en couche et que sa tante n’avait plus les moyens de s’occuper de lui. Il n’était jamais allé à l’école mais a très vite rattrapé ses camarades et il est maintenant au CE1. Il adore l’école et plus particulièrement la lecture. Plus tard, il voudrait devenir médecin. Mais il affirme avec aplomb que ce n’est que pour gagner beaucoup d’argent. S’il cela ne marche pas, il aimerait devenir chauffeur pour conduire une voiture, car il trouve cela bien. Timo est intelligent et déterminé, je n’ai aucun doute qu’il arrive à ses fins. Mais ces rêves ne seraient pas possible sans le soutien, et pas seulement financier, qu’il reçoit de la part des sympathisants de NPFS.

J’ai rencontré Timo le premier week-end de novembre 2009, lorsque NPFS Haïti a accueilli un groupe de visiteurs américains, dont la plupart parrainait les enfants de l’orphelinat de Ste. Hélène. Le dimanche matin, après avoir visité pendant une semaine les programmes NPFS de la ville, nous sommes allés à Kennscoff pour voir les enfants et nous reposer du chaos et de la chaleur de Port-au-Prince. Tous les visiteurs étaient impatients de rencontrer leurs filleuls, qu’ils soutenaient pour la plupart depuis plusieurs années. Timo en faisait partie, il avait été soutenu par Mary et Dwayne, originaires de Minneapolis, depuis son arrivée à Kenscoff. Timo est leur deuxième filleul haïtien, parmi un premier filleul qui a obtenu son diplôme et six autres filleuls répartis dans d’autres pays.

Le bruit que les parrains de Timo le cherchaient s’est rapidement répandu et nous l’avons rapidement trouvé en train de faire sa vaisselle. Il a terminé rapidement ses tâches ménagères puis s’est engouffré dans sa chambre pour montrer à Mary et Dwayne leurs cartes de Noël et portraits de famille de l’année précédente. Il leur a également montré toutes les lettres et photographies qu’il avait précieusement gardées. Après s’être amusé avec les jouets offerts par Mary et Dwayne, Timo s’est assis aux côtés d’eux pour regarder le spectacle de danse et de chant donné en l’honneur des visiteurs.

En observant le comportement d’un tout-petit, de sa marraine et de son parrain, je me suis rendue compte que chacun d’eux tirait un bénéfice de cette relation. Bien entendu, Timo aimait les jouets et l’organisation bénéficie indéniablement de leur soutien financier, mais il était également évident que Timo répondait à l’encouragement et au soutien émotionnel que lui apportaient ses parrains. L’orphelinat héberge 500 enfants et malheureusement, bien qu’ils reçoivent tous l’attention et l’éducation dont ils ont besoin, ils grandissent sans soutien psychologique, autrement dit sans parents. C’est à ce niveau-là que les parrains jouent un rôle efficace. Leur attention permet à l’enfant de se sentir quelqu’un de particulier parmi tous ses frères et soeurs de NPFS et cela lui donne l’inspiration nécessaire pour construire un avenir positif. En retour, Mary et Dwayne sont récompensés en s’impliquant dans la vie d’un enfant qui vit dans un monde très différent du leur et en recevant sa gratitude et son dévouement.

Après avoir rencontré les enfants, il était temps pour nous de rentrer. Timo a accompagné Mary et Dwayne jusqu’au camion, son sac de cadeaux à la main (qu’il avait gardé contre lui toute la journée) et sa nouvelle casquette noire de baseball sur la tête, trop grande pour lui et lui tombant sur les yeux. Les adieux ont été très émouvants, mais nous savions que ce jour resterait dans la mémoire des filleuls et des parrains.

Erin Kloos
Correspondante locale