Claudia

NPFS en héritage.
15 octobre 2009 – Nicaragua

Je m’appelle Claudia et j’ai 21 ans. Je suis arrivée chez Nos Petits Frères et Soeurs (NPFS) le 19 août 1998 après le décès de ma mère des suites d’un cancer, le 12 août de la même année. Ma mère ne voulait pas nous laisser, mes trois frères et soeurs et moi, avec notre père, car il était alcoolique. Elle s’est arrangée pour que nous allions chez NPFS après sa mort. Lorsque je suis arrivée chez NPFS, j’étais triste car ma mère me manquait, mais je me suis sentie bien accueillie. Les enfants m’ont réconfortée et m’ont dit que je m’habituerais peu à peu. J’ai fait connaissance avec le foyer et je me suis rendue compte que NPFS est une grande famille très protectrice.

NPFS représente un pas vers l’avenir. J’ai commencé l’école en CE2 et j’étais la meilleure élève en CM2 et 6ème. Quand j’ai commencé l’école élémentaire, le changement m’a beaucoup affectée. Il y avait des moments où je sentais que je ne pouvais plus aller de l’avant, mais les professeurs, les tios et tias (aides-soignants) et mes frères et soeurs m’ont dit que je pouvais le faire, que je n’abandonne pas et que si j’avais besoin d’aide, ils étaient là pour moi et que je devais atteindre mes objectifs, que j’étais capable de passer en classe suivante.

Je me souviens d’un jour où j’étais triste. Ma mère me manquait énormément. Je ne voulais pas manger et j’ai passé toute la journée à laver du linge. Les filles de ma section sont venues et m’ont demandé pourquoi je faisais la lessive et quand je leur ai expliqué pourquoi, l’une d’entre elles m’a dit qu’elle avait aussi perdu sa mère : « Au début, je ne m’en remettais pas mais grâce à Dieu, les enfants m’ont aidée. Ta mère est au paradis et t’accompagne tous les jours. Ne sois pas triste, car nous sommes tous ici pour une raison. Certains d’entre nous ont perdu leur mère, d’autres leur père, d’autres sont orphelins, pas vrai les filles ? » Et les autres m’ont dit que je devais dépasser cela : « Ta mère va bien. Tu dois continuer, sois forte. Tu peux le faire et nous t’aiderons. » Et cela a marché.

Les années sont passées et quand je suis arrivée à ma dernière année de lycée, on m’a dit que je devais étudier hors du foyer. J’étais triste car je n’aurais pas les mêmes professeurs. La raison invoquée pour que nous étudions à l’extérieur, était que nous devions apprendre à vivre en société. Nous avons appris à vivre sans NPFS ; nous avons vu des drogués, des enfants faisant l’aumône et des femmes avec leur bébé demandant du lait et de la nourriture. Nous avons vu un peu de tout dans la ville.

A la fin de l’année nous avons dû effectuer deux années de service au foyer. La première année, j’ai travaillé à la « Casa Asis » (maison Asis), le foyer des nourrissons. Au début, c’était dur, car je ne savais même pas comment changer une couche, mais peu à peu, je me suis habituée et je me suis occupée des enfants, je les lavais, je les peignais, je jouais avec eux, leur racontais des histoires, je marchais avec eux et riais, je faisais un peu de tout.

A l’issue de la première année de service, je suis allée travailler dans la cuisine où j’ai appris à cuisiner. Ensuite, j’ai travaillé comme tia pendant un certain temps, puis j’ai occupé mon poste actuel, qui consiste à nettoyer les maisons des visiteurs et à les recevoir dans de bonnes conditions. J’adore ce travail. L’année prochaine, si Dieu le veut, j’étudierais le droit. C’est mon grand rêve et je serais heureuse de pouvoir le réaliser.

Je remercie Dieu et ma mère pour m’avoir permis de faire partie de cette merveilleuse famille. Je remercie également toutes les personnes qui m’ont aidée à arriver là où je suis. Merci NPFS.

Moniek Werkhoven
correspondante locale