Elvira Angulo
Coordinatrice du Service de parrainage
17 mai 2008 – Salvador
La première fois que j’ai entendu parler de Nos Petits Frères et Soeurs (NPFS), c’est par mes étudiants. Deux d’entres eux étaient les enfants d’Olegario Campos, le Directeur National de NPFS Salvador. J’étais professeur d’anglais à ce moment-là. A plusieurs occasions, ils m’ont décrit le merveilleux travail que réalise NPFS, mais je n’avais pas vraiment une idée précise de ce que ces gens faisaient. Mais dès que j’ai rencontré ces deux jeunes adultes, j’ai eu la sensation bizarre, sans vraiment m’en rendre compte, que je ferai partie du monde de NPFS un jour.
Un jour, la fille d’Olegario m’a dit « Mme Elvira, la nuit dernière, j’ai rêvé que vous étiez enceinte ». J’ai ri bien entendu et n’ai pas prêté attention à ce qu’elle avait dit. Une semaine plus tard, contre toute attente, je suis allée la voir et lui ai dit que j’étais enceinte. C’était en 2004.
Mon mari était aussi un professeur bilingue et une nuit, il était très préoccupé par un projet qu’il devait faire avec ses étudiants. Je lui ai parlé de NPFS et lui ai suggéré d’emmener ses étudiants visiter le foyer. Mon mari a contacté l’organisation et le jour de la viste de NPFS, j’ai donné naissance à mon fils. Je pense que c’était le signe, bien que je ne m’en sois pas rendue compte à ce moment-là, que NPFS allait faire partie de notre vie.
En novembre 2005, j’ai reçu un appel d’Olegario. Ma prémière réaction a été « Aucun de ses enfants n’a raté l’examen d’anglais, alors pourquoi se plaignait-il »? J’ai pris l’appel avec prudence, munie de mon tableau de notes pour pouvoir faire face à la situation. A ma grande surprise, j’ai entendu un homme très courtois disant que sa fille lui avait parlé de moi, et que le Service de parrainage de NPFS avait besoin d’une coordinatrice, la personne responsable de ce poste étant mutée au foyer de NPFS Guatemala.
Ma première pensée a été « Mon Dieu, il me propose un poste ! ». Au début, je n’étais pas intéressée par l’offre d’emploi parce que mon métier de professeur au lycée était ce que j’avais toujours rêvé de faire. Mais après trois appels de l’organisation et le besoin que j’avais de réorganiser ma vie, vu les circonstances, m’ont convaincue.
J’ai rejoint le service de parrainage le 12 décembre 2005. Le lendemain j’ai eu le plaisir de rencontrer le père Wasson. Emmy Cardenas, qui était responsable du service à ce moment-là, aidait le père Wasson à traduire quelques textes de son nouveau livre et je suis allée avec elle chez lui et il m’a bennie. Je me souviens encore de ses mots : « Bienvenue dans ma famille, ma fille ». C’était un événement important dans ma vie et cela a aussi changé ma vision de la vie, de mes enfants et d’autres choses.
La première fois que j’ai lu le dossier d’un enfant, j’ai beaucoup pleuré. Je ne pouvais pas croire ce que je lisais. Quand j’ai visité le foyer des nourissons pour la première fois, un enfant a couru vers moi, s’est agrippé à ma jambe et m’a appelé maman… J’étais alors encore plus convaincu que NPFS était un bon endroit pour moi et que Dieu avait essayé de me dire quelque chose depuis que j’avais rencontré les enfants du Directeur.
Maintenant, je fais partie de la famille de NPFS Salvador. J’ai le sentiment que mon travail est important. Les 400 visages souriants que j’ai vu grâce à l’échange de lettres entre parrains et enfants est beaucoup plus estimable que l’argent que je gagne. Ces moments précieux et l’amour des enfants en valent la peine.
Aujoud’hui, je coordonne le service de parrainage, qui, grâce à Dieu, prend de plus en plus d’ampleur avec l’aide de nos bienfaiteurs. Mon objectif est de continuer à faire partie de la famille NPFS et de soutenir l’héritage laissé par le père William B. Wasson, du mieux que je peux.
Comme disait le père Wasson, « vous pouvez n’être qu’une personne dans le monde, mais vous pouvez être tout le monde pour un enfant ». Cette citation m’a inspiré toute ma vie.
Elvira Angulo
Coordinatrice du Service de parrainage

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