Notre Expérience Dominicaine
Des volontaires canadiens de « L’Expérience dominicaine » nous racontent leur séjour
4 juin 2010 – République dominicaine
Ces derniers mois, des volontaires de « l’expérience dominicaine » sont venus tous les samedis au foyer de Nos Petits Frères et Soeurs République dominicaine, pour travailler sur divers projets agricoles.
« L’Expérience dominicaine » est un projet éducatif destiné aux adolescents des écoles secondaires et des universités. Pendant leurs séjours, ils vivent dans des familles dominicaines et partagent leur vie. Les volontaires sont confrontés aux bidonvilles, aux bateyes, au commerce équitable et à des conditions de travail difficiles. NPFS aimerait remercier les équipes de « l’Expérience dominicaine » pour leur travail et leur dévouement. Nous espérons que leur séjour les a encouragés à revenir ; ils seront toujours les bienvenus dans notre foyer.
La volontaire de l’Expérience dominicaine, Valerie Forte, nous raconte son séjour :
Le mois de mars dernier, mon mari et moi avons eu le privilège de voyager en République dominicaine avec 10 élèves de mon école. Ce voyage nous a ouvert les yeux sur un pays dont on savait peu de chose ; un voyage riche en culture, foi, pauvreté et éducation.
Cela faisait longtemps que je souhaitais impliquer mon école dans ce programme de sensibilisation dynamique, l’Experiencia Dominicana, sous la direction de Robert Laurin. Le programme mise sur l’éducation pour lutter contre la pauvreté, pour approfondir la foi et pour exposer les étudiants aux difficultés rencontrées dans pays du tiers monde, rongé par les injustices politiques. Nous ne savions pas à quel point cette semaine nous impacterait, combien nous apprendrions sur nous-mêmes et sur les autres, combien cela changerait nos vies, combien nous avons le confort matériel au Canada, et combien nous manquons de solidarité et combien cela nous motiverait de prendre nos responsabilités et de partager avec ceux qui souffrent et qui n’ont rien. C’est le voyage de toute une vie.
Bien avant notre arrivée, nous savions que nos modes de vie étaient différents. La pauvreté était apparente dès le début. Le système hydraulique ne marchait pas, l’eau chaude était rare, l’eau ne sortait pas du robinet, les maisons étaient souvent délabrées, les bâtiments abandonnés et les routes sales et peu entretenues. Tout cela indiquait que nous étions dans un pays du tiers monde.
Et pourtant, à la fin de notre première journée, nous étions conscients qu’il y avait autre chose d’important : la foi et la solidarité régnaient ici plus que nulle part ailleurs. Le messe était suivie par toute la communauté. La foi catholique existait bel et bien ici, elle vibrait d’amour et de joie. Cela a marqué le ton de notre incroyable semaine.
Nos journées étaient bien remplies, fatigantes et émouvantes parfois. Nous avons connu les communautés isolées des bateyes où vivent les immigrants haïtiens. Nous avons connu les nombreuses injustices et difficultés qui existent tous les jours. Nous avons rencontré des familles et des personnes âgées qui luttent pour leur survie.
Nous avons eu l’opportunité de travailler avec les haïtiens dans une plantation de sucre et avons ressenti la dureté de ce travail, aux limites de l’esclavage. Nous avons ressenti la colère et la frustration lorsque nous avons découvert le salaire que ces hommes touchaient (à peine mieux que l’esclavage).
Nous avons connu le libre-échange du cacao et avons appris comment les femmes locales ont créé des industries artisanales pour fabriquer des produits à partir de ressources naturelles afin de nourrir leurs familles.
Nous avons également visité l’un orphelinat de Nos Petits Frères et Soeurs, un orphelinat bien particulier. Cet endroit magnifique accueille 198 enfants, tous sauvés de circonstances tristes et terribles. Nous avons effectués plusieurs tâches. Le matin, nous nous sommes occupés du jardinage. Nous avons creusé le sol pour planter des massifs et des plantes. Un autre groupe a retourné et nettoyé la terre dans un potager pour le préparer à la plantation. Ensuite, nous avons déchargé les aliments envoyés par les donateurs pour les recharger immédiatement et les envoyer à destination des haïtiens. Nous étions heureux d’aider directement le peuple haïtien qui avait souffert de ce terrible séisme.
Alors que les enfants se préparaient pour la soirée, nous visitions les différents foyers de NPFS. Les enfants vivent dans de petites maisons confortables et sont regroupés par âge et sexe. Des “Tias” (aides-soignantes) s’occupent d’eux et leur préparent à manger. Cela a été le point culminant de notre visite, la vie auprès de ces jeunes frères et soeurs, des enfants si beaux, tous des miracles de Dieu. Cette journée s’est terminée bien trop vite pour moi, car je voulais rester ici. Beaucoup d’entre nous avons parrainé des enfants à notre retour. Mon mari et moi pensons retourner un jour chez NPFS pour travailler comme volontaires, peut-être plus tôt que prévu.
L’aspect le plus étonnant de NPFS, c’est qu’une fois l’enfant intégré à l’orphelinat, il devient un membre de cette grande famille. Ils ne sont plus jamais adoptés, conformément à la philosophie du fondateur le père Wasson, qui a créé cette orphelinat à la fin des années 40. Ceci est un exemple de la volonté de Dieu que nous soyons tous frères et soeurs. Ces enfants grandissent dans cet environnement, vivent ensemble et partagent leur quotidien. Une fois qu’ils ont terminé leurs études et qu’ils sont autonomes, ils deviennent des citoyens à part entière, et brisent le cycle de la pauvreté.
La semaine est passée très vite. Notre brève expérience de vie dans la pauvreté nous a tous enrichis. Nos élèves sont retournés au Canada avec plus de maturité. Nous comprenons l’importance de faire partie d’une communauté, d’avoir la foi, une famille, d’être aimé et de devoir faire des études pour sortir des inégalités et de la pauvreté. Nos élèves ont pu connaître les problèmes du tiers monde et aider les pauvres. Ils représentent l’avenir d’une vie meilleure, qui jugulera l’injustice et l’inégalité. Cela peut marcher, l’espoir est toujours là.


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