Sophia, enseignante en République Dominicaine

 Sophia nous raconte son aventure d’enseignante en République Dominicaine.
Durant deux mois, elle est partie à l’orphelinat San Pedro de Macorís. Elle évoque ses souvenirs…  

Sophia au milieu d'un groupe d'enfants en République Dominicaine« Près de deux mois passés auprès des petits dominicains d’NPFS, ça ne s’oublie pas ! J’ai tellement de petites anecdotes à raconter que je ne sais plus par où commencer. 

Aujourd’hui, de retour à Paris [...], j’ai la tête encore pleine des petits bonheurs que j’ai vécus là-bas

Je partais un peu anxieuse, vers l’inconnu, vers une autre culture, une autre langue, un autre climat. Et j’ai, en effet, parfois souffert de la chaleur, surtout pendant mes cours de danse ! 

J’ai également dû m’habituer à l’accent dominicain…
Ce petit accent chantant où le –s n’existe plus !
Et la culture, cette culture qui allie les sons et les couleurs, où tout le monde crie, chante, danse au milieu des fleurs, et des maisons multicolores. Où tout est coloré, chaud et vivant. 

Chaque matin, j’étais réveillée par les voix des enfants, leurs cris, leurs jeux. En chemin vers l’école, ils étaient toujours une dizaine à courir autour de nous, à se jeter dans nos bras, à nous prendre par les mains pour courir avec eux, un vrai coup de fouet pour commencer la journée ! 

Puis, à l’école, beaucoup de bruit. Ayant été enseignante en France, j’avais du mal à accepter tout ce bruit et cette agitation, dans les salles et les couloirs pendant les cours. Les enfants semblaient avoir beaucoup de mal à se concentrer et à rester en place. Mais rapidement, le directeur de l’école nous dit d’être plus flexibles pour que le programme d’été soit plus distrayant que les cours habituels. Il suffisait donc de relativiser, et à partir de ce moment-là, tout s’est mieux passé ! 

La maison que l’on m’avait attribuée était la « Casa Santa Ana », où vivaient les petites de 10-13 ans. 

le groupe des danseursC’était officiellement la maison des danseuses !

Et, pour moi qui venais enseigner la danse, c’était extraordinaire ! On dansait du matin au soir, elles me montraient leurs déhanchés sur de la bachata et du reggaeton, et je leur montrais des petites chorégraphies de flamenco. Toute cette bonne humeur, c’était merveilleux ! 

Le meilleur moment de la journée, pour moi, était en fin d’après-midi, lorsque les petites rentraient de l’école. Elles allaient directement dans le jardin de leur maison. Certaines jouaient au base-ball, d’autres à 1-2-3 soleil, et d’autres encore dansaient. Je participais à tous leurs jeux et elles étaient ravies de me montrer tout ce qu’elles savaient faire. J’ai appris à jouer au base-ball ! J’ai même appris à les coiffer ! C’était extra ! 

J’ai monté une chorégraphie sur Billie Jean de Michael Jackson.

Avec l’un de mes groupes de danse, et à la demande des enfants, j’ai monté une chorégraphie sur Billie Jean de Michael Jackson. Heureusement que je connaissais des pas ! Je leur ai donc montré le moonwalk, et un autre pas plus difficile qui demandait un petit effort de concentration et de persévérance. Tous les jours, jusqu’au spectacle, des enfants qui ne faisaient pas partie de mes cours venaient me demander de leur apprendre ces pas. Malgré les répétitions, j’ai été obligée de changer le second pas que les enfants ne maîtrisaient pas assez bien. Le spectacle fut une réussite, ils étaient tellement fiers sur scène, et j’étais moi-même tellement fière d’eux ! C’était magique !

Après le spectacle, je suis partie trois semaines en vadrouille à travers tout le pays. Les enfants m’ont beaucoup manqué. Je suis donc revenue à l’orphelinat et ils m’ont fait le plus beau des cadeaux. A mon retour, tous les enfants connaissaient le pas si difficile de MJ. Ils s’étaient acharnés à l’apprendre pendant mon absence et m’arrêtaient à chaque instant de la journée pour me le montrer ! Les enfants de mon cours, beaucoup d’autres que je ne connaissais pas, et bien sûr toute la Casa Santa Ana, se jetaient sur moi dès qu’ils me croisaient pour me montrer ce pas. C’était très émouvant, et tout ceci me toucha énormément. Le plus beau des cadeaux.

Les enfants demandent notre présence, notre attention pleine et entière lorsqu’on est auprès d’eux. Une fois qu’ils sentent qu’ils comptent sincèrement pour nous, ils sont prêts à nous inonder de toute leur affection en retour. Une expérience inoubliable. »